La marche qui révèle le vrai Chongqing

Téléphérique de Chongqing sur Yangtsé

Vous avez déjà vu Chongqing. Le pont de verre de Raffles City suspendu au-dessus des deux fleuves, le téléphérique qui glisse au-dessus du Yangtsé, tout un centre-ville qui scintille la nuit vu d'un promontoire. Ces images sont réelles. Elles tiennent aussi, toutes entières, dans l'écran d'un téléphone.

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Le vrai Chongqing, c'est celui dans lequel on marche. Vertical, superposé, légèrement contradictoire, il ne se révèle qu'à pied, dans le vieux centre, là où le sol change sans cesse d'avis sur l'étage où vous vous trouvez.

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Voici la marche que j'ai construite pour vous le montrer.

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Où les habitants regardent la vue d'en haut‍ ‍

On commence dans la ruelle de Daijia (Daijia Xiang, 戴家巷), un passage que la plupart des visiteurs traversent sans le remarquer. De là, vous regardez Hongyadong (洪崖洞) comme le font les habitants, depuis le dessus, et non depuis le fleuve où tout le monde prend la même photo. Même monument, ville complètement différente.

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La ruelle elle-même mérite qu'on s'y attarde. On y trouve quelques-uns des plus beaux cafés de Chongqing, et une maison de hotpot de quartier où, le matin, on peut regarder l'équipe préparer les ingrédients du jour. Toute la scène se compose comme un tableau.

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Un virage, et la vraie vie de quartier

Visite guidée en français à Chongqing

‍Depuis Linjiangmen (临江门), on quitte la route principale pour se glisser dans un réseau de ruelles, et en quelques pas la texture de la ville change. C'est le chemin vers Dajing Alley (大井巷, littéralement « la ruelle du grand puits »), où vivent encore des habitants historiques de Yuzhong. La circulation disparaît, du linge sèche au-dessus de vos têtes, quelqu'un prépare le déjeuner derrière une porte ouverte. Vous venez de quitter le Chongqing construit pour les visiteurs, et d'entrer dans celui où l'on vit vraiment.

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Les couches du temps, cachées à ciel ouvert

‍On s'enfonce un peu plus loin dans ces ruelles. On passe devant le site où logeait, pendant la guerre, le grand quotidien de Chongqing, puis on arrive à la cathédrale Saint-Joseph (若瑟堂), la plus ancienne église catholique de la ville. Elle a été construite à la fin du dix-neuvième siècle par des missionnaires, dont ceux des Missions Étrangères de Paris, et son clocher porte encore la signature d'un père français qui l'a fait bâtir en 1917. Cette cathédrale gothique se retrouve aujourd'hui cernée d'immeubles résidentiels, seule et tenace, gardienne d'un morceau de mémoire de la ville.

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On atteint ensuite la porte de Tongyuan (通远门), la plus ancienne porte de la vieille ville encore debout. L'ancien Chongqing comptait dix-sept portes sur la péninsule de Yuzhong, neuf ouvertes et huit fermées, une disposition pensée à la fois pour le feng shui et pour désorienter un ennemi en approche. « Tongyuan » signifie la porte vers les lieux lointains. C'était la seule porte donnant sur la terre ferme, et au-delà s'étendait autrefois un champ de tombes abandonnées.

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Au début du vingtième siècle, le maire Pan Wenhua (潘文华) décide de repousser cette limite et d'étendre la ville vers l'ouest. Il fait venir un bouddha vivant tibétain pour construire la pagode Puti Jin'gang (菩提金刚塔), afin d'apaiser les esprits dont les tombes avaient été déplacées. Cette pagode se dresse encore aujourd'hui en plein centre-ville, dissimulée sous des couches d'immeubles plus récents. Beaucoup de gens passent devant chaque jour sans savoir qu'elle est là.

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Une table, au milieu de la journée

Les visiteurs internationaux de Yedu au bistro de Chongqing

‍Vers midi, on s'installe dans un bistrot que les habitants aiment, du genre qui sert son propre vin de fruits maison et une cuisine chongqingnaise comme elle doit avoir le goût. C'est le moment où la journée respire un peu.

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La ville haute, telle qu'elle se vit vraiment

‍L'après-midi, on grimpe jusqu'au parc Pipashan (枇杷山公园), un îlot de verdure caché en plein cœur de la ville, avec une vue dégagée sur tout Yuzhong. D'ici, on observe comment les gens vivent réellement. Dans le vieux salon de thé en contrebas repose l'histoire de la ligne ferroviaire Chongqing-Chengdu, et ce mode de vie chongqingnais qui consiste à passer un après-midi entier autour d'une seule tasse de thé.

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La ville basse, en trois dimensions

‍On redescend vers la ville basse, à travers les blocs résidentiels oniriques de la rue Linhua (临华路), où l'on voit comment les habitants de Chongqing se taillent leurs propres passages et espaces de vie dans une ville pensée en trois dimensions. Par un tunnel, depuis la hauteur de Ma'anshan (马鞍山), on aperçoit l'un des bâtiments les plus marquants de la ville : le Grand Auditorium du Peuple (人民大礼堂), construit en 1954, qui accueille encore aujourd'hui spectacles et grands rassemblements.

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Là où la ville montre tous ses niveaux à la fois

‍La journée se termine sur la quatrième route de Zhongshan (中山四路), l'une des plus belles rues de Chongqing, où l'on se glisse dans la promenade de Zengjiayan (曾家岩) que les habitants gardent pour eux. Vous quittez une rue animée du centre-ville pour poser le pied sur un chemin vert au bord du fleuve, et là, vous voyez la ville tourner sur tous ses niveaux en même temps : la promenade sous vos pieds, la route près de l'eau, le monorail suspendu au-dessus, les immeubles plus haut encore, et la circulation qui continue sur l'autre rive de la Jialing.

En une seule journée, d'une rive à l'autre, de la ville haute à la ville basse, vous traversez plusieurs siècles de l'histoire derrière ce lieu magique et impossible.

C'est ça, le vrai Chongqing. C'est ça, le Chongqing qu'on ne trouve pas sur Google.

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Cette marche d'une journée complète a lieu les mardis, jeudis et samedis, en petit groupe uniquement.‍ ‍

Si cette journée vous tente, écrivez-moi à contact@yedutrip.com et je vous réponds personnellement pour organiser votre marche.

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